Messerschmitt Bf 109 E-1 WN 3479

Gs1

Messerschmitts Bf 109 du Jagdgeschwader 21

 

3 jg21

Jagdgeschwader 21

 

 

Dans un trou de plus de 7 m de profondeur, l'équipe du Baha a découvert l'avion allemand que pilotait le Lt. Adolf von Boselager, le 13 mai 1940. Les fouilleurs ont retiré du sol leuzois la dépouille du soldat allemand, ainsi qu'un nombre Impressionnant de pièces de l'avion, dont le moteur.

Jacques Duchateau

 

En mai'40, un chasseur allemand s'était écrasé dans les campagnes de Leuze. Dimanche, une équipe de fouilleurs en a retrouvé la trace et exhumé le pilote.

 

C'est une découverte ca­pitale pour l'histoire de l'aviation  que  vient  de faire l'ASBL BAHA  (Belgian Aviation History Association), ces trois derniers jours, dans les campagnes de Leuze-Long-champs.

Plusieurs recoupements d'in­formations recueillies depuis un certain temps, dans des li­vres et sur place, avaient per­mis à cette équipe de passion­nés par l'aviation historique, de localiser avec précision un avion de chasse allemand, dis­paru en mai 1940.

Dimanche matin, ils étaient près d'une quinzaine sur place, pour commencer les fouilles. La prairie concernée est pro­priété de M. Victor Dejardin ; au courant des combats qui avaient eu lieu sur la région en mai 1940, le Leuzois les avait gentiment autorisés à creuser dans sa propriété.

Très vite, l'équipe est tom­bée sur de multiples objets, cas­seroles, bouilloires, etc. " Bon signe en général, lorsque l'on entame des fouilles ", souligne Yves Empain, l'un des person­nes participant aux fouilles

Puis peu à peu, sont appa­rues  des  pièces  métalliques morceaux de tôle, cadrans de tableau de bord, manche à balai,horloge etc.

Tous ces objets étaient enfouis à près de 4 mè­tres de profondeur. Quasiment neufs, ils étaient dans un état de conservation impeccable. Voilures de parachute, carnet de contrôle du parachute, pisto­let et gaine de cuir, ceinturon furent ensuite mis à jour.

Bf 109 de type E

II faudra creuser jusqu'à plus de 6 mètres pour décou­vrir le moteur de l'avion, enfoui sous des tonnes de terre.

Grâce à la dextérité du fils de M. Dejardin, qui, toute la journée, a manipulé avec préci­sion la grue chargée de cette mission exceptionnelle, le moteur  a pu être remonté à la surface sans trop  de  dégâts.

 Il s'agit d'un DB601.

Rapidement, l'avion pourra être identifié comme étant un Messerschmitt Bf 109 de type « E », construit en 1939. C'est un monomoteur monoplace monoplan de chasse allemand.

Durant son travail de fouilles, l'équipe a également trouvé des ossements Elle a donc exhumé la dépouille du soldat, pour l'identifier avec exactitude, en vue de son inhu­mation officielle dans un cime­tière militaire allemand.

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La mise à jour de la pla­quette d'identité du pilote, hier vers 18h05, par l'équipe de fouilleurs, permet d'affirmer

qu'il s'agit du Lt. Adolf von Bo­selager, un Allemand né en 1917 à Papenhoven.

Instructeur dans la Luftwaffe avant guerre, il fai­sait partie en mai'40 de la I./JG21.

Aux commandes de son avion, il aurait été abattu en combat aérien, le 13 mai 1940, par des chasseurs français MS406. Il était porté disparu depuis lors.

Découverte importante

La découverte de l'avion allemand   écrasé   à   Leuze   est d'une importance capitale pour l'histoire   L'appareil fait partie des quelques rares engins abattus en mai'40, car la supréma­tie aérienne allemande était écrasante D'autre part, lors­qu'ils étaient au courant d'une perte des leurs, les Allemands avaient l'habitude de nettoyer les dégâts causés par la chute de l'engin

Adolf von Boselager était le dernier pilote de chasse alle­mand porté disparu durant la campagne de mai 1940, La dé­couverte de sa dépouille pourra peut-être tranquilliser une famille restée dans l'incerti­tude depuis ce 13 mai 1940. Quant aux pièces de l'avion, el­les seront dès aujourd'hui pa­tiemment nettoyées, puis préservées pour étude historique.

Pascale GENARD

 

 

Extrait de vers l’Avenir du 17sep2002.

 

Le dernier pilote de chasse allemand porté disparu lors de la

« campagne de mai 1940 » est retrouvé le 15 septembre 2002 à

______________Leuze (Namur)______________

Les faits

 

Le 15 septembre 2002, un petit groupe de passionnés d'archéologie aéronautique met au jour les restes d'un rare Messerschmitt Bf 109 E-1 abattu le 13 mai 1940 en combat aérien. Dans l'épave de l'avion, les chercheurs retrouvent la dépouille d'un aviateur allemand qu'ils identifient. Le Leutnant (sous-lieutenant) Adolf von BOESELAGER, pilote porté disparu depuis 62 ans, pourra enfin reposer en paix.

 

Historique

 

Né le 24 juillet 1917 au château de Burg Peppenhoven (près de Rheinbach), le barpti (Freiherr) Adolf von BOESELAGER se destine à une carrière d'officier dans la Luftwaffe renaissante. Issu d'une famille aristocratique rhénane de tradition militaire, il s'engage dans la Luftwaffe avec la ferme intention de devenir pilote de chasse.

 

Démontrant de réelles aptitudes au pilotage, il sert d'abord comme instructeur à la JagdfliegerSchule 1 avant-guerre. Il participe à la campagne de Pologne à l'issue de laquelle il est décoré de la Croix de Fer de Seconde Classe. Peu avant la « Westfeldzug » (campagne à l'Ouest), il manifeste son désir de combattre et rejoint la lere Staffel de la Jagdgeschwader 2l.

 

Au cours de sa brève carrière, il aurait revendiqué une première (et vraisemblablement dernière) victoire aérienne au dépens d'un Hurricane britannique le 12 mai 1940 à 10h05 près de Bruxelles.

 

Le 13 mai 1940, lundi de Pentecôte, Adolf von BOESELAGER décolle vers 6h30 (heure allemande) de Gladbach avec ses équipiers : ils ont pour mission de patrouiller entre Louvain et Namur. La quinzaine de Messerschmitt attaque une formation de 9 Morane-Saulnier 406 français au-dessus de la région namuroise. Si les Allemands revendiquent 3 victoires (deux Morane endommagés se posent sur le ventre près de Spy), on déplore la perte du sous-lieutenant von BOESELAGER de retour de mission.

 

Il est victime des tirs rapprochés de l'adjudant LENIAUD et du sergent DEVIN, pilotes de Morane appartenant au II/6. Marcel LENIAUD a décrit son combat :

« Ma patrouille était haute dans le dispositif. En arrivant sur Namur, une patrouille prend en chasse un Heinkel et, au même moment, nous sommes attaqués par quinze Messerschmitt 109. Nous acceptons le combat qui dure une dizaine de minutes puis les Messerschmitt 109 regagnent leur terrain (...). Au cours du combat, un Messerschmitt 109 attaque le lieutenant Vie et passe juste devant moi, je le prends en chasse et me mets dans sa queue, je le tire de très près, le sergent Devin tire également sur lui, nous le voyons s'écraser en flammes au Nord de Namur à 5.40 (un sûr homologué). »

 

(source : Les victoires de l'Aviation de chasse française. Arnaud Gillet 2003).

 

Unis par une destinée tragique, Marcel LENIAUD est quant à lui abattu en combat dès le 14 mai. Il saute de son avion en flammes mais s'écrase au sol près de Saint-Ghislain, son parachute ne se déployant pas.

 

La découverte

 

Le Messerschmitt percute le sol avec une violence inouïe, avec à son bord l'infortuné pilote, peut-être déjà mort aux commandes.

Nous en ignorons la raison mais les troupes allemandes n'ont, semble-t-il, jamais entrepris d'exhumer l'épave.

Porté disparu, le sous-lieutenant von BOESELAGER est déclaré mort par une décision de justice en 1953.

 Ses parents, malgré de nombreuses démarches, ont vécu dans l'espoir d'en apprendre plus sur les circonstances de

sa disparition, et ce, jusqu'à leur mort.

 

La   fouille   de   l'épave,   réalisée   avec   compétence,   a  permis   d'identifier formellement l'aviateur en septembre 2002.

Ce projet a été rendu possible grâce à la totale collaboration de Mr Victor DEJARDIN (propriétaire de la prairie d'où fut extrait l'avion) et de son fils Vicky qui, manipulant avec dextérité son excavatrice, récupéra le moteur enfoui à plus de quatre mètres

 de profondeur.

 

La famille von BOESELAGER est contactée et avertie de l'exhumation de leur proche. Elle souhaite rapatrier la dépouille afin de procéder à l'inhumation officielle de l'aviateur.

 

Depuis le 6 décembre 2002, Adolf von BOESELAGER repose dans une paisible clairière au château familial de Burg Peppenhoven.

 

L'auteur tient à remercier :

-        la famille DEJARDIN

-        la famille von BOESELAGER

-        les chercheurs et bénévoles impliqués dans le projet

-        le Ministère de l'Intérieur

-        le staff du Musée de Beauvechain pour la mise en valeur du moteur.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Messerschmitt_Bf_109

https://en.wikipedia.org/wiki/Daimler-Benz_DB_601